- Titre : Intrication féline : Le chat de Schrödinger.
- Médium : Encre de chine et aquarelle sur papier Arche. 2024.

L’interrogation quantique ici c’est : être et ne pas être, ainsi que le fait de décider d’être ou ne pas être. Cette question a été déclenchée par un événement extraordinaire, une fantastique explosion, le big-bang ; sans oublier le résultat suivant, conséquent du premier : un big bang spirituel avec l’émergence explosive de l’irrationnel et son ontologie négative qui n’est pas sans être positive. L’anamnèse, souvenir d’un savoir qui n’à jamais été appris, voilà bien le produit d’une découverte au sens propre du mot.
Anamnèse (du grec ancien ἀνάμνησις, anámnêsis, « réminiscence », « souvenir ») désigne principalement deux notions distinctes, selon le contexte où elle est utilisée :
- En médecine :
L’anamnèse correspond à l’interrogatoire systématique mené par un professionnel de santé (médecin, psychologue, infirmier…) auprès d’un patient. Son objectif est de recueillir les antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux, sociaux, ainsi que les symptômes actuels pour orienter le diagnostic et la prise en charge.
Exemple :
Le médecin réalise l’anamnèse pour comprendre l’origine des douleurs du patient, lui demandant de décrire ses symptômes et ses antécédents.- En philosophie (notamment chez Platon) :
L’anamnèse désigne la réminiscence, c’est-à-dire le processus par lequel l’âme, en se souvenant des vérités éternelles contemplées dans une existence antérieure, accède à la connaissance. Dans ce contexte, la connaissance n’est pas découverte mais redécouverte.
Exemple :
Dans le dialogue platonicien du Ménon, Socrate utilise la méthode de l’anamnèse pour montrer que l’âme du jeune esclave reconnaît spontanément des vérités géométriques.En résumé : Anamnèse philosophique : Souvenir ou réminiscence d’une connaissance innée selon la théorie platonicienne. Anamnèse médicale : Interrogatoire clinique pour établir l’historique du patient.
MÉTALOGUE
Histoire quantique donc très très courte du “chat de Schrödinger” racontée à un enfant.
Le père : le chat de Schrödinger est une expérience de pensée en mécanique quantique : un chat enfermé dans une boîte avec un dispositif quantique est simultanément mort et vivant jusqu’à ce qu’une observation par un observateur que l’on va désigné de (O) ouvre la boîte et fixe son état, l’état du chat qui est alors, soit mort ou vivant.
L’enfant : Mais, il s’agit alors de deux chats ?
Le père : Non, il s’agit bien d’un seul chat, mais qui existe dans une superposition d’états (à la fois mort et vivant). Ce paradoxe illustre l’idée quantique selon laquelle, avant une observation, les particules (ou systèmes) existent dans plusieurs états simultanément. L’ouverture de la boîte par O (« l’observation ») force la réalité à se stabiliser dans un seul état : vivant ou mort.
L’enfant : et cette superposition d’états suppose deux états ?
Le père : Oui, exactement. La superposition suppose deux états clairement distincts :
- État A : le chat est vivant.
- État B : le chat est mort.
Comme je le disait tantôt, en mécanique quantique, avant l’observation, le système existe dans une superposition des deux états, c’est-à-dire qu’il ne se trouve pas simplement dans l’un ou dans l’autre, mais dans un état combinant simultanément les deux possibilités.
Ce n’est qu’au moment de l’observation (ouvrir la boîte) que la superposition disparait. On dit alors qu’elle « s’effondre », fixant le chat définitivement dans l’un des deux états que tu connais.
L’enfant : Donc il existe le chat état A d’une part et le chat état B d’autre part, autrement dit : c(A) et c(B) et pas un ou.
Le père : Oui. Exactement. La superposition quantique s’exprime mathématiquement par une combinaison linéaire de deux états distincts, généralement notée sous la forme :
∣ψ⟩= cA ∣A⟩ + cB ∣B⟩
où :
- ∣A⟩ est l’état « chat vivant »,
- ∣B⟩ est l’état « chat mort »,
- cA et cB sont des coefficients complexes dit de (probabilités amplitudes), liés à la probabilité d’observer chacun des deux états.
Lorsque l’observation intervient, la fonction d’onde « s’effondre », et le système adopte définitivement un seul état :
- soit ∣A⟩, avec une probabilité ∣cA ^2,
- soit ∣B⟩, avec une probabilité ∣cB ^2.
Ainsi, avant observation, le chat est effectivement dans un état où coexistent les deux possibilités (vivant et mort). Après observation, un seul état subsiste.
L’enfant : Bon, bien, oui, je veux bien, mais peut-on extrapoler alors qu’il existe deux chats soit un chat par état et que le chat mort n’est pas le chat vivant et que le chat vivant n’est pas le chat mort ?
Le père : Ta question touche directement au cœur de l’interprétation de la mécanique quantique.
Dans l’expérience originale, on considère un seul chat, mais dans une superposition d’états. Mais ton extrapolation correspond en effet à une autre interprétation possible de la mécanique quantique : l’interprétation dite des mondes multiples de Everett.
Son interprétation que tu as si bien énoncé (anamnèse) est celle-ci.
- Lorsque le système est en superposition [ cA ∣A⟩ + cB ∣B⟩] , la réalité se “divise” en deux branches distinctes.
- Il existe alors effectivement deux réalités parallèles, l’une dans laquelle le chat est vivant, l’autre dans laquelle il est mort.
- Ces deux “chats” n’interagissent plus entre eux ; ils évoluent chacun dans leur propre univers parallèle.
Donc oui, on peut très bien dire qu’il y a deux chats distincts, mais cela correspond à une interprétation spécifique, précise de la mécanique quantique qui est celle des univers multiples et non à l’interprétation plus traditionnelle de Copenhague, selon laquelle un seul chat existe et seule l’observation fixe son état.
L’enfant : Donc, si je comprends bien, il y a, pour te résumer tout ca, :
- L’interprétation traditionnelle celle de Copenhague qui dit : Un seul chat dans deux états simultanés mais dans un seul monde.
- L‘ interprétation des mondes multiples de Everett : Deux chats séparés dans deux réalités distinctes (mondes) dans des mondes multiples.
Et selon toi, dis-moi laquelle, de ces deux interprétations, fait plus de sens ?
Le père : Ca va être long tu sais. Bon, selon moi, si je fait une comparaison nuancée (avantages et inconvénients) des deux interprétations, je peux dire, si tu veux savoir, pour l’interprétation de Copenhague (un seul chat, superposition d’états)
Les avantages sont :
- Conforme à notre intuition immédiate : un seul monde observé.
- Simple, fonctionnelle et pragmatique pour calculer des prédictions expérimentales.
Par contre les inconvénients sont:
- celle-ci introduit une ambiguïté conceptuelle forte; on peut et on doit se poser cette question : qu’est-ce exactement qu’une «observation » ?).
- Et de plus, elle ne résout pas clairement ce qui déclenche la réduction (ou effondrement) de la fonction d’onde.
Enfin, passons à la deuxième interprétation celle des mondes multiples de Everett, il s’agit de plusieurs univers parallèles :
Avantages :
- Supprime complètement le problème de l’effondrement de la fonction d’onde : tous les états existent simultanément.
- Cohérente mathématiquement : les équations de la mécanique quantique restent valides sans ajustement artificiel.
Inconvénients :
- Intuition difficile à accepter (existence d’un nombre infini d’univers parallèles).
- Théoriquement non testable expérimentalement (pour le moment du moins).
Ma synthèse personnelle : Sur le plan purement logique et mathématique, l’interprétation des mondes multiples est séduisante, car elle simplifie le cadre conceptuel c’est à dire aucune ambiguïté sur la notion d’observation. Sur le plan de l’intuition humaine et de l’application pratique, l’interprétation de Copenhague reste plus simple à gérer, même si elle laisse certains points non résolus.
Finalement pour répondre à ta question en termes de « sens », si tu préféres une cohérence théorique absolue et une élégance mathématique, je choisis l’interprétation d’Everett (mondes multiples) car elle a plus de sens.
Mais, si tu cherches une intuition quotidienne plus simple à gérer, alors l’interprétation de Copenhague semble plus, disons, confortable, même si elle comporte des points faibles.
Personnellement, ma préférence va définitivement à Everett. L’interprétation la plus solide sur le plan conceptuel semble aujourd’hui davantage du côté d’une vision à la Everett (mondes multiples). Elle évite le problème de l’effondrement et est plus compatible avec les mathématiques fondamentales de la théorie quantique. Cependant, vois-tu, cette préférence reste assez philosophique et non strictement scientifique tant que l’on a pas une preuve expérimentale décisive.
L’enfant : Ma préférence va vers la version des mondes multiples. Elle à plus de sens pour les chats.
Le père : Oui, je te l’accorde. Ta préférence pour l’interprétation des mondes multiples de Everett, je trouves, est tout à fait légitime, compréhensible et logique. 1) Elle élimine l’ambiguïté du « rôle de l’observateur ». 2) Elle respecte rigoureusement la mathématique quantique, sans introduire un mécanisme mystérieux d’effondrement et 3) Elle s’inscrit dans une vision fascinante où la réalité serait un vaste multivers se ramifiant constamment.
L’enfant : En tout cas, je la préfère à l’autre, celle de Copenhague, même si elle bouscule, comme tu le dis, les intuitions traditionnelles. Elle donne une approche élégante et une vision, quant à moi, plus cohérente et fascinante du réel : chaque choix, chaque possibilité, chaque état quantique existerait quelque part, pleinement réalisé. Cest génial.
Le père : C’est aussi une vision particulièrement stimulante sur le plan philosophique, existentiel, et artistique—une source importante, riche d’inspiration, notamment pour l’exploration des aspects psychologiques, symboliques ou métaphysiques de la réalité.
Ton choix, et finalerment le miens aussi, de l’interprétation des mondes multiples nous transporte dans un univers ouvert à toutes les possibilités, et qui s’inscrit bien dans ta démarche habituelle de réflexion et d’expression créative.
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