La tendresse cousue de cicatrices
Avec Poupée vaudou, Lannïck Dinard détourne les symboles de l’enfance pour révéler des réalités plus complexes, plus sombres, mais toujours profondément humaines. Peluches rafistolées, regards éteints, membres recousus et épingles menaçantes : chaque figure de cette collection évoque une douceur cabossée, une vulnérabilité qu’on a tenté de contenir par des points de suture.
Ces poupées n’ont rien d’innocent — ou alors, elles ont perdu cette innocence en chemin. Elles racontent les chocs, les manques, les colères muettes. Mais aussi la résilience. Car même blessées, elles tiennent. Elles regardent encore. Elles sont là.
À travers un style brut, en noir et blanc, avec un sens du détail quasi chirurgical, Dinard fait dialoguer violence symbolique et tendresse visuelle. Le résultat : une collection qui touche, qui dérange, qui fait sourire… ou frissonner.
Poupée vaudou est un univers à la fois cruel et attendrissant, comme une comptine qu’on n’oserait plus chanter tout haut.
