YAHU… le dévhorreur.

Voici le visage derrière le masque supposément humain de Yahu. 

À travers ce portrait, j’ai voulu donner forme au mal, celui qui dévore l’humanité sans relâche.

Yahu incarne le mal absolu, le mal contre l’humanité. Un mal incommensurable, qui frappe sans distinction tout humain dans ses croyances, religions, cultes et cultures. Yahu est un némocrate, un monarque indigné qui exerce son pouvoir d’indignation quand cela lui convient ; Yahu exerce la violence et crie à l’injustice dès qu’il la subit. Yahu s’indigne dès qu’il devient une cible et crie au scandale ce qu’il passe sous silence.

Yahu le némocrate n’est pas simplement un hypocrite : il manipule la morale, met en scène le mal, dicte l’indignation. Il ne vit pas selon des principes, mais selon les lieux du pouvoir : ce qui est inacceptable dans son univers devient acceptable ailleurs, ce qu’il inflige à l’autre devient insoutenable quand il le subit.

L’arme du némocrate : le double langage : la répression devient sécurité, réforme devient destruction et paix se veut soumission. Son bouclier : la victimisation sur commande.

Le némocrate commence par frapper, puis brandit la plainte comme une bannière. Il domine en se faisant plaindre, il fait taire en criant au silence.

Chaque parole contre lui devient persécution, chaque critique : un complot. Il ne dialogue pas : il se protège dans le pathos. Le danger : Tant que l’indignation devient instrument de pouvoir, la justice devient une indignation inversée, (il se dit injustement jugé) et le langage une usine d’enfumage à la moraline (cette ostensible mélasse morale).

Ainsi, quand le bourreau pleure plus fort que la victime, le monde ne sait plus qui défendre. La morale devient spectacle, la violence devient rhétorique et la responsabilité, un effet de mise en scène.

Que faire alors avec ce type de mal incarné ? Nous devons apprendre à reconnaître le némocrate, à distinguer la vraie souffrance de sa mise en scène, à entendre ses cris sans qu’ils deviennent un ordre, et à nommer la contradiction là où elle se couvre d’indignation.

Nous ne voulons pas de politiciens en haillons de douleur.

Nous ne voulons pas de tyrans qui prêchent la paix la bouche pleine de cendres.

Le monde n’a pas besoin de ceux qui pleurent leurs propres bombes, mais de ceux qui doutent même en gouvernant, et écoutent même en parlant.

Yahu est aussi un scapulogène ( terme psychologique) : pour effacer ses fautes il invente des coupables.

Il est victimarque (terme analytique) : monarque au statut sacré de victime.

Il est un agresseur victime: c’est le bourreau / victime qui surveille ses intérets.

C’est un être immonde, aussi pernicieux que son alter ego Hitler, dont il hérite la cruauté.

Yahu est un individu imbu de lui-même, un calculateur, un sociopathe, dévoré par une soif insatiable de pouvoir et une peur bleue de perdre ce pouvoir, mais surtout, d’être traduit en justice pour atrocités commises.

Il s’étend, tel un fléau, sur le monde, en toute impunité, avec une stratégie diabolique, pleinement conscient du mal qu’il inflige en se réjouissant de son impact dévastateur. Voilà comment je le perçois, dans toute sa noirceur, son immonde profondeur, sa vilenie sans fin.

Il appartient à la lignée des tyrans comme Pol Pot, Staline, Hitler, Duvalier, Mussolini, et tous ces dictateurs qui ont foulé cette terre, anéantissant l’humanité et brisant son harmonie. »

Le dictionnaire de Yahu : Violence – Mensonges – Insultes – Tortures – Meurtres – Carnages – Destruction – Abus – Trahison – Massacre – Oppression – Barbarie – Horreur – Terreur – Souffrance – Cruauté – Conflit – Répression – Dévastation – Exécution – Déshumanisation – Annihilation – Vengeance – Desperation – Extermination – Abomination – Sacrifice forcé – Ruine – Sacrilège – Corruption.

Si d’autres mots vous viennent à l’esprit…

NYAHU… par Lannïck Dinard, encre de chine sur papier, 2025

Commentaires

Une réponse à “YAHU… le dévhorreur.”

  1. Avatar de Dinard
    Dinard

    Essai : très bon texte

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